Mobilité

Genève souffre de ses innombrables bouchons et d’immobilisme en matière de mobilité.
Afin de désengorger son centre, de développer l’offre de transports publics et de les rendre le plus accessible possible, l’étude de l’instauration d’un péage urbain s’avère indispensable.

Les ressources dégagées permettraient alors d’intensifier le réseau et d’envisager une gratuité des transports en commun, permettant, notamment, aux pendulaires de laisser leurs véhicules en dehors de la ville.
Mobilité
Une politique de mobilité durable

 

Il est indispensable de développer dans le Canton une politique de mobilité durable, intermodale ou multimodale, en cohérence avec l’organisation des
déplacements à l’échelle du Grand Genève.

Le réseau de transports collectifs dans le Canton s’est largement développé mais reste entravé par le fait qu’il ne jouit pas d’une absolue priorité dans la circulation. L’offre de transports publics n’étant pas arrivée à maturité, le recours aux transports individuels motorisés reste excessif et engorge le réseau routier.

Les nouvelles infrastructures destinées aux transports en commun et à la mobilité douce doivent donc être priorisées vis-à-vis de celles destinés au transport individuel.

Désengorger le Centre-ville

 

Genève continue d’atteindre des records. Des records qui n’ont rien de réjouissant puisqu'elle reste, depuis des années, la capitale fédérale des bouchons selon l’indice TomTom : la firme de navigateur annonce que les Genevois-es ont été bloqué-e-s en moyenne 38 minutes par jour, devant les Zurichois-es avec 33 minutes. Genève est donc la 54ème métropole la plus engorgée du monde (sur 390 villes) bien avant New York, Naples ou Barcelone. 

Du temps passé dans sa voiture au lieu de profiter d’être en famille, en loisirs ou travailler. Mais aussi des coûts estimés, pour la saturation des routes sur le plan national, à 1.6 milliards de francs par an. Ces coûts sont principalement liés aux accidents qui en découlent et bien sûr, à la pollution générée. 

Genève est à la traîne. Les alternatives à la voiture, notamment pour la région frontalière, sont encore trop peu développées, même si on peut se réjouir de la mise en service prochaine, en 2019, de la liaison du RER Léman Express. L’incitation est encore trop faible. Le centre-ville est très (trop) largement favorable à la voiture, notamment en termes de stationnement, alors que les cantons de Zurich ou de Bâle ont réussi à développer et privilégier l’utilisation des transports publics au centre.

 

A Genève, l’offre de de transport public doit également répondre aux besoins de mobilité actuels et futurs, en tenant compte des enjeux de l’ensemble de l’agglomération. 

Favoriser les transports publics et leur développement

 

Cette incitation passe par un réseau de transports publics développé, rapide, efficace, accessible, voire gratuit, et surtout, dont les véhicules jouissent d’une priorité dans la circulation au centre-ville. Des choix politiques s’imposent. Le laisser-faire ne changera pas la situation et il n’est définitivement pas possible de garantir une bonne qualité de vie à Genève sans faire des choix. 

Inciter le recours aux Transports publics genevois (TPG) passe autant par l’augmentation du prix du stationnement au centre-ville, que par la mise en place de zones à trafic limité, sans oublier les mesures positives directes pour l’amélioration de la performance des TPG (priorité, rapidité et fluidité du réseau) et celles concernant sa politique tarifaire. 

Ainsi, le financement du réseau de transport public pourrait être, complémentairement, assumé par la mise en place d’un péage urbain. Celui-ci permettrait d’octroyer la gratuité aux usager-e-s à travers un financement par l’impôt et par les rentrées du péage. 

L’aménagement au service de la mobilité douce

 

Végétaliser la ville, c’est bien, mais ça ne suffit pas à développer une politique globale d’aménagement cohérente comprenant de véritables zones piétonnes et une réelle lutte contre les différents types de pollution. Respirer un air sein est tout aussi important pour les jeunes et les aîné-e-s, que pour la végétation urbaine ou encore nos animaux de compagnie. Or, régulièrement à Genève, les seuils de particules fines acceptables sont dépassés. 

Pour réussir à améliorer notre qualité de vie et préserver notre santé, il convient de revoir plusieurs points. L’un d’entre eux concerne la politique de stationnement. On sait que le nombre de places de stationnement publique est d’environ 25% à Zurich, contre 35% à Bâle, 37% à Lausanne et 40% à Genève.

Nous sommes donc dans une situation plutôt très, voire trop, accueillante des voitures au centre-ville. Notamment, suite au vote, en 2012 par le Grand Conseil genevois du principe de compensation des places de stationnement supprimées. 

Cette priorisation des places de stationnement sur la voie publique pose d’autres problèmes en termes d’aménagement pour la mobilité douce. Comme le relève la Cour des comptes dans son rapport du 7 mars 2017 sur les pratiques genevoises en faveur des piétons et cyclistes : « Ce principe (de compensation) (…) est contraignant et pose un certain nombre de problèmes. En effet, les projets de parkings en ouvrage doivent s’accompagner de suppressions de places en voirie très souvent contestées par une partie de la population. À l’inverse, la ville de Genève et la commune de Carouge doivent souvent renoncer à leurs projets cyclables dans la mesure où ces derniers impliquent de supprimer du stationnement qui ne peut être compensé dans les limites légales ». Or, comme le rappelle la Cour des comptes : « La marche et le vélo sont les deux formes de mobilité douce. La mobilité douce est vivement recommandée par le corps médical comme étant le meilleur moyen d'éviter de graves conséquences sur la santé. Le vélo est un mode de déplacement qui ne pollue pas, ne consomme que peu d'énergie et occupe peu la chaussée. En milieu urbain, le vélo est le mode de déplacement le plus rapide pour les trajets inférieurs à 5 km ».


Le pendant de la révision de la politique de stationnement est bien celui de l’incitation à choisir la mobilité douce comme mode de déplacement principal. Cela passe par le développement du réseau de transports publics, mais également par les aménagements piétons, la mise en place d’un système de vélos en libre-service et par l’application de l’initiative 144, acceptée par les Genevois-es en 2011, qui demandait la réalisation et l'adoption d'un plan directeur cantonal consacré uniquement à la mobilité douce et « la mise en place d'itinéraires cyclables continus, directs et sécurisés dans l'objectif de réaliser un réseau cohérent ». Il s’agit de mettre réellement en œuvre le principe constitutionnel du libre choix du mode de transport en permettant aux déplacements individuels non-motorisés d’être possibles et encouragés. Malheureusement, à ce jour, la sécurisation des points noirs du réseau cyclable genevois n’a pas été réalisée et devient urgente.


Il est donc temps de faire des choix et de prendre des mesures, en termes de mobilité, qui auront un impact réel.